Drogues: un journal au service de la réduction des risques

GENEVE • «Première ligne», édité par l’association éponyme, paraîtra trois fois par an et sera plus largement diffusé.

«Première Ligne» succède à Quoi de neuf au Quai 9?. L’association genevoise de réduction des risques liés aux drogues, qui gère notamment le local d’injection situé derrière la gare Cornavin, s’offre une nouvelle publication. Format berlinois, quatre pages, le journal «s’adresse à un public plus large dans le but de promouvoir une information plus claire sur le vécu quotidien des usagers de drogues et sur des actions qui interrogent et interpellent beaucoup la population», écrit Christophe Mani, directeur de l’association, dans l’éditorial du premier numéro. Tiré à 5000 exemplaires, Première ligne paraîtra trois fois par an et dispose d’un budget de 19000 francs.

Pour tenir le rythme et élargir le débat, l’association a engagé un journaliste, Xavier Pellegrini, chargé de coordonner le travail. Ce dernier anime également un atelier d’écriture destiné aux usagers du Quai9. Leurs témoignages et leurs opinions constituent en effet l’un des axes du journal. Quelques familiers du local d’injection participent également à sa fabrication et à sa distribution auprès des habitants et commerçants du quartier des Grottes. Mais, contrairement à Quoi de neuf au Quai9?, qui était plus particulièrement destiné à informer et rassurer les voisins directs, cette publication est également diffusée plus largement par le biais d’institutions partenaires, de médecins spécialistes de l’addiction ou lors d’interventions ponctuelles.

Car le modèle développé à Genève en matière de toxicomanie est menacé, analyse Christophe Mani, dans un état des lieux fort instructif. Non pas en raison d’un soutien plus timide des autorités, poursuit le responsable de l’association, mais principalement à cause de la crise identitaire qui secoue notre société et qui se traduit par une montée du sentiment d’insécurité, de l’intolérance et du retour des vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues. Le pouvoir politique doit certes en prendre conscience, mais les usagers eux-mêmes doivent «se donner les moyens de se mobiliser et d’affirmer leurs droits de citoyens», conclut M.Mani. Dans cette perspective, Première ligne constitue un outil intéressant.

A lire encore dans cette première livraison: une interview de Jean-Marc Guinchard, directeur de la Direction générale de la santé, une lettre ouverte à Micheline Spoerri d’un consommateur (sur la répression policière dans le secteur de la gare) ou encore une «radiographie de l’usage des drogues à Genève». Le prochain numéro est prévu pour février 2006.

03.12.05 par Olivier Chavaz
Le Courrier- http://www.lecourrier.ch

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