Genève a un local d’injection depuis 5 ans, Lausanne hésite

DROGUE • À Lausanne le débat autour de l’installation d’un local d’injection fait rage, à Genève un tel lieu existe depuis 2001.

Baptisé «Quai 9» en raison de sa localisation derrière la gare, il reçoit entre 80 et 120 visites par jour. «Les gens ne viennent pas tous pour s’injecter leur produit, mais aussi pour se poser et trouver du contact », explique Christophe Mani, le directeur.

Inauguré fin 2001, le «Quai 9» n’a pas provoqué la même levée de boucliers qu’à Lausanne. «Il y a eu méfiance de la part des habitants du quartier. Mais les dégâts liés à la contamination du VIH à cause du partage de seringues et l’augmentation de la consommation de cocaïne par voie intraveineuse ont favorisé la décision du Gouvernement d’autoriser un tel lieu.» Néanmoins, plusieurs mesures ont dû être prises pour faire face à certains problèmes: un sécuritas est là en permanence et deux fois par jour un groupe de consommateurs sillonne le quartier pour ramasser des seringues.

Favoriser le deal, attirer les toxicomanes d’autres cantons, encourager la toxicomanie sont autant d’arguments avancés par les opposants. «Il ne faut pas nier que les toxicomanes qui fréquentent le «Quai 9» parlent de deal, répond Christophe Mani. En revanche, je n’ai pas constaté d’augmentation. Quant à encourager la drogue, c’est un non-sens: un local d’injection n’a jamais donné l’idée à quiconque de se shooter! Il permet aux gens de consommer dans des conditions sanitaires décentes. »

En 2006, les urgences ont pu intervenir 31 fois.

La toxicomanie en chiffres

Genève compte environ 3000 toxicomanes. La moyenne d’âge est de 34 ans, contre 25 ans en 1992. 24% des consommateurs sont des femmes. Depuis sa création en 2001, le «Quai 9» a accueilli 1700 personnes. La distribution des seringues a permis de faire baisser le taux de partage d’aiguilles de 50% à 10%, diminuant ainsi de manière significative le taux de contamination du VIH.

La loi sur les stupéfiants

La LStup est basée sur 4 piliers: thérapie, prévention, répression et diminution des risques. Ce dernier permet à une structure telle que «Quai 9» d’exister, vu que la consommation de drogue est interdite. Il existe 3 «niveaux» de prise en charge: le bas seuil d’exigence, qui garantit un lieu propre, le moyen seuil, qui vise à une thérapie
avec produit (méthadone, par ex.) et enfin le haut seuil, qui vise l’abstinence.

27.02.07 par Sarah Pernet
Le Matin Bleu

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