Impossible de prévoir les effets des drogues achetées sur la rue



Le commerce de la drogue est illégal. Personne ne sera donc surpris d’apprendre qu’il est impossible de savoir de quoi sont composées les drogues chimiques, présentées sous forme de comprimés. Celles-ci peuvent être identifiées par des couleurs ou des lettres, mais cela ne garantit en aucune façon leur composition. Jeanne Lemieux, policière affectée au programme d’intervention en milieu scolaire (PIMS) et qui oeuvre dans les deux polyvalentes de Sorel-Tracy met en garde les jeunes consommateurs. “Toutes les drogues de synthèse, c’est-à-dire fabriquées en laboratoire, peuvent être composées de différents produits”. Les substances comme l’”ecstasy”, le “speed” ou le “PCP”, par exemple, peuvent contenir des substances dangereuses pouvant créer des réactions imprévues.

“Les jeunes ne savent pas ce qui se retrouve dans ce qu’ils consomment, indique Mme Lemieux. C’est pour cette raison que lors des perquisitions, la Sûreté du Québec commande des analyses des drogues saisies afin d’en connaître les composantes. Ce qui rend ces substances encore plus inquiétantes, c’est que, d’une fois à l’autre, les quantités de produits dans un comprimé ne sont pas les mêmes.

Des sigles qui ne veulent rien dire
Pour identifier les types de drogues, les consommateurs se fient aux lettres inscrites sur les comprimés croyant ainsi prévoir l’effet de ces pilules. Contrairement à ce que certains peuvent croire, ce système n’est pas sans faille. “Bien souvent, les vendeurs ne sont pas certains eux-mêmes de ce qu’ils vendent!”, explique la policière.

Des motivations diverses
Certains le font pour suivre la gang d’amis tandis que d’autres souhaitent vivre des sensations fortes. Bref, les raisons pour consommer des drogues chimiques sont diverses. “Sans généraliser, au début, les jeunes peuvent consommer pour ne pas être le rejet du groupe ou pour oublier certains problèmes personnels”, explique Nancy Gravel, agente de relations humaines au Virage.

Certains jeunes consommateurs plus “avancés” vont même utiliser des stimulants pour tout faire, voire pour simplement fonctionner. “Un jeune peut consommer du “speed”, par exemple, à l’école, ensuite pour le party du soir, et pour s’assurer d’être éveillé au travail”, ajoute l’intervenante. Soulignons qu’un consommateur peut tenir jusqu’à cinq jours sans dormir sous l’effet de cette substance.


Joey Olivier

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