France : La consommation d’héroïne repart à la hausse
Après dix années de forte baisse, elle a de nouveau les faveurs de jeunes «toxicos» qui n’ont pas connu les années sida.
Ce n’est pas encore une déferlante mais déjà services de police et intervenants en toxicomanie sont aux aguets. Depuis un an environ, plusieurs signaux indiquent que la consommation d’héroïne en France, en chute libre depuis la diffusion des programmes de substitution au milieu des années 1990, est en train de repartir à la hausse. Jadis perçue comme une drogue des bas-fonds, redoutable pour l’organisme et difficile à se procurer, la poudre blanche serait même en train de redorer son image auprès d’usagers qui, pour les plus jeunes, n’ont jamais été témoins de ses ravages.
Signe de cette évolution, les saisies d’héroïne par la police, encore rares il y a quelques années, se multiplient désormais sur le sol français. En
Autre indice concordant, le nombre de personnes interpellées pour détention d’héroïne, en hausse pour la troisième année consécutive, a atteint 4 955 en 2006. Ces consommateurs, dont le plus jeune avait à peine 13 ans, sont pour la plupart des jeunes, chômeurs ou ouvriers, qui habitent en majorité le nord et l’est de
Acheminée depuis l’Asie centrale via
Diffusion dans les milieux festifs
« Ce qui me frappe, analyse le président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Étienne Apaire, c’est que l’héroïne, même si elle reste très peu répandue par rapport à la cocaïne, semble aujourd’hui toucher un public nouveau et pas toujours averti de sa dangerosité. » Tandis qu’à la fin des années 1990, quelque 100 000 toxicomanes se sont détournés de l’« héro » pour intégrer des programmes de substitution visant à réduire les risques d’overdose et à limiter la transmission du VIH, les spécialistes croient en effet déceler une diffusion récente de ce produit dans les milieux festifs.
« Nos enquêtes de terrain révèlent que de nombreux jeunes qui ont l’habitude de prendre de la cocaïne ou des drogues de synthèse pour s’énergiser, consomment aussi de l’héroïne pour mieux gérer leur descente lorsque le week-end touche à sa fin », confirme Jean-Michel Costes. De récentes études menées dans les centres spécialisés révèlent que l’image de l’héroïne s’améliore aux yeux des toxicomanes, tandis que celle des produits de substitution, comme le Subutex, se dégrade. Car hors de tout circuit médical, le Subutex fait désormais l’objet d’un trafic florissant. Les toxicomanes le consomment le plus souvent par injection, s’exposant ainsi à toute une série d’effets secondaires.
Forts de ces constats, les policiers de l’OCRTIS se gardent pour l’heure de dramatiser le phénomène, encore marginal à côté du problème de santé publique que posent le cannabis et la cocaïne. Pour autant, ils envisagent de renforcer la coopération avec les polices de certains pays d’Europe centrale, où l’héroïne est susceptible de transiter - comme
Source : Le Figaro
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