Toxicomanie : Un vaccin contre la cocaïne


Comparant la toxicomanie à une maladie, Thomas Kosten, un chercheur américain a mis au point un vaccin contre la cocaïne. Une approche intéressante à l’efficacité limitée.

Un chercheur américain vient de créer un vaccin contre l’addiction à la cocaïne. Une voie explorée depuis plusieurs années dans l’espoir d’enrayer le fléau de la toxicomanie. Comme le souligne Petra Franke, chef d’un service de soins des dépendances à Düsseldorf, en Allemagne « la cocaïne s’est banalisée, depuis une vingtaine d’années le nombre de consommateurs a considérablement augmenté ».

En effet, cette drogue est devenue plus accessible, son prix a beaucoup baissé ces dernières années car elle est de plus en plus coupée. Résultat, le produit est aujourd’hui consommé tant pour un usage festif que comme stimulant quotidien. Selon une étude de l’Union Européenne, 4,5 millions de personnes auraient consommé de la cocaïne en Europe en 2007, soit un million de plus qu’en 2006, une tendance à inverser.

La toxicomanie, une maladie ?

Thomas Kosten, chercheur au Baylor College of Medecine de Houston s’est proposé d’aborder la dépendance à la cocaïne comme une maladie, et donc d’utiliser le système immunitaire humain pour lutter contre. Il a donc créé un vaccin qui doit diriger les anticorps contre la molécule de cocaïne. Seulement, ladite molécule est bien trop petite pour être repérée par les anticorps. Il lui a fallu contourner le problème en liant des molécules de cocaïne désactivées à des protéines de choléra elles-mêmes désactivées, pour permettre au système immunitaire de détecter ce corps étranger et de fabriquer des anticorps. Ces derniers devraient ensuite pouvoir reconnaître la cocaïne seule et l’éradiquer avant qu’elle n’atteigne le cerveau. Cette nouveauté permettrait d’aider des toxicomanes dont le risque de rechute est particulièrement élevé, voire de vacciner des nouveaux nés en guise de prévention…

Ce procédé reste néanmoins à l’état de recherches. Selon Petra Franke, le vaccin serait au mieux efficace dans 30 à 40% des cas et donc incapable de couvrir toute une population.

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