Substituer pour mieux guérir
La dépendance aux opiacés est traitée par le Subutex et la méthadone depuis le début des années 1990. Une méthode qui semble avoir fait ses preuves.
” Je peux vous dire que ça n’a pas été simple! ” Claude Bronner, médecin généraliste strasbourgeois, reconnaît qu’il y a une quinzaine d’années, la partie n’était pas gagnée. A l’époque, l’intérêt du traitement de substitution à l’héroïne est défendu par un nombre très réduit de professionnels. Pour inciter médecins et pharmaciens à adhérer à cette politique de santé, ce précurseur crée, en 1994, le réseau Espace médecine générale. Peu à peu, les traitements de substitution font leur apparition dans les cabinets médicaux. D’abord de façon détournée, avec l’utilisation structurée de médicaments comme le Temgésic, puis avec la buprénorphine haut dosage, la molécule active du Subutex, qui sort en 1996.
Selon les chiffres de
« Ici, c’est plus structuré »
Strasbourg est dotée de cinq centres spécialisés de soins aux toxicomanes. En 2006, 282 882 boites de Subutex ont été vendues dans le Bas-Rhin, soit, en proportion, trois fois plus que la moyenne nationale.
Du côté du Centre d’accueil et de soins (CAS) situé rue Sainte-Catherine, dans le quartier de
Ce mercredi 26 mars, la structure, financée par le ministère de
Le centre applique également le « protocole méthadone » en partenariat avec l’hôpital civil et sa structure « le fil d’Ariane ».
Héroïne médicalisée
Une solution plus efficace, pour Mélinda, car « plus contraignante ». La délivrance du produit est soumise à des visites régulières dans les centres prescripteurs. Un système rigoureux semblable à celui mis en place en Suisse avec l’héroïne médicalisée. Fabriquée par des laboratoires et administrée au sein de structures d’Etat, elle représente une alternative intéressante aux yeux de Claude Bronner. « Arrêtons l’hypocrisie. Un toxicomane reste un toxicomane. Autant qu’il se pique avec un produit sûr. » Une étape que les pouvoirs publics ne sont sans doute pas encore prêts à franchir.
Francois Gapihan
Romain Chemoul
Source: MCS Info, Université Robert Schuman, Strasbourg
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