Les ados boivent moins. Sauf à Genève
Selon une étude nationale, les jeunes auraient diminué leur consommation d’alcool, de tabac et de cannabis. A Genève, les professionnels font un autre constat. Les comas éthyliques pourraient même avoir augmenté. En matière de cannabis, la consommation des jeunes Suisses est supérieure à la moyenne internationale.
Les ados suisses d’aujourd’hui sont plus sages. En tout cas en matière d’alcool, de cigarettes et de joints. L’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) présentait hier à Berne les résultats d’une enquête effectuée tous les quatre ans en Europe. On constate en 2007 une baisse de la consommation par rapport à 2003. Mais il ne faut pas baisser la garde, préviennent les spécialistes, le niveau demeure plus élevé que dans les années 80 et 90.
L’enquête ESPAD a été réalisée dans plus de 40 pays européens. En Suisse, environ 7500 écoliers entre 13 et 16 ans ont répondu au questionnaire, de manière volontaire et anonyme. «Les résultats sont positifs», souligne Gerhard Gmel, responsable du projet. Mais l’alcool reste, selon l’institut, le problème numéro un.
Moins d’alcopops
Le phénomène de la «biture express» ou «binge drinking» est surveillé de près. L’étude recense notamment les jeunes qui ont consommé au moins 5 verres d’alcool à 3 occasions ou plus au cours des trente derniers jours. «En 2007, 14% des garçons de 15 ans présentaient ce mode de consommation, pour près de 8% des filles du même âge, relève l’ISPA. En 2003, ces proportions étaient de 20% et 11%.» La tendance à la baisse est plus marquée chez les plus jeunes, ce qui, aux yeux des spécialistes, indique une meilleure application des mesures de protection de la jeunesse. Ainsi qu’une prise de conscience suite aux «intenses discussions publiques».
Mais les chiffres restent préoccupants, insiste Gerhard Gmel. «Pourquoi est-ce grave? Parce que les bitures express peuvent avoir des conséquences.» Les personnes qui ont ce type de consommation sont plus nombreuses à avoir eu des altercations, un accident, des problèmes avec la police, des relations sexuelles non protégées ou à avoir été admises aux Urgences. L’étude révèle aussi les préférences des jeunes de 15 ans en matière de boissons alcoolisées. Chez les garçons, la bière arrive en tête avec 40,9% de la consommation totale. Chez les filles, ce sont les alcopops qui l’emportent avec 30,3%. Ces derniers ont toutefois moins de succès qu’en 2003. «C’est grâce à l’augmentation des prix et au respect de l’interdiction de vente au moins de 18 ans», explique Gerhard Gmel. Par contre, les jeunes font plus facilement leurs propres mélanges «maison», même si cette tendance ne compense pas entièrement la baisse des alcopops.
Groupe à haut risque
Le tabac est lui aussi en perte de vitesse. Près de 30% des ados de 15 ans disent avoir fumé au moins une fois au cours des trente derniers jours, contre 34% en 2003. L’ISPA estime que, là aussi, l’augmentation du prix des cigarettes joue un rôle, ainsi que la généralisation de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. A noter que c’est le seul domaine ou les filles consomment autant, si ce n’est parfois plus, que les garçons. L’institut souligne en outre que les jeunes fument leur première cigarette très tôt: 38% ont déjà fumé une fois à 13 ans. Quant au cannabis, la consommation est encore une fois à la baisse: elle est passée de 23 à 19% chez les garçons entre 2003 et 2007, de 17 à 12% chez les filles. Parmi les explications, l’interdiction de fumer dans les lieux publics est également invoquée.
Source : TDG
Mots-clés : adolescent, alcool, alcopops, cannabis, cocaïne, consommation, étude, ISPA
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