Sida: une journée pour relancer la lutte
La lutte contre le sida cherche un nouveau souffle, alors que la 20e Journée mondiale consacrée à la maladie se déroule ce lundi. Les pays du sud sont toujours en manque de traitements et la recherche s’engage sur de nouvelles pistes.
Le slogan de la 20e Journée mondiale est «mener, responsabiliser, s’activer». Il doit, selon les organisateurs, souligner «la volonté politique nécessaire pour respecter les engagements pris, en particulier la promesse d’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien».
Quelque 33 millions de personnes sont atteintes aujourd’hui par le VIH. Le sida, maladie contrôlée par des trithérapies qui ne font qu’endormir le virus, reste une pandémie de premier plan.
On est loin d’un «accès universel» aux traitements, puisqu’une majorité des personnes atteintes, essentiellement en Afrique, n’y ont pas accès. Dans le monde, quand une personne est mise sous traitement, trois sont contaminées.
Nouvelles pistes
Sonnée par l’échec du vaccin mais galvanisée par le prix Nobel offert cette année aux découvreurs du virus, la recherche est repartie en guerre en suivant des pistes et des méthodes nouvelles.
De nouvelles molécules ont été découvertes, des essais ont été menés sur de nouvelles trithérapies, très efficaces pour les patients en échec thérapeutique (7 à 8% des patients en France chaque année, 11% aux Etats-Unis).
Pour le Pr Pierre-Marie Girard, qui dirige le service des maladies infectieuses à l’Hôpital Saint-Antoine, la maladie a tellement évolué qu’aujourd’hui les malades parlent surtout de «bien vivre leur séropositivité» et de «bien vieillir», avec l’objectif d’obtenir la même espérance de vie que les bien portants.
Trouver un vaccin
L’espoir de trouver un vaccin a été l’an dernier réduit à néant après l’échec total d’essais cliniques menés par Merck. Mais les recherches se poursuivent. Un gène vient d’ailleurs d’être découvert par des chercheurs américains, pouvant ouvrir une voie dans cette direction.
Pour le Pr Delfraissy, directeur de l’agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), la recherche fondamentale «est probablement à un point de renouveau», avec pour nouvel objectif de trouver des molécules qui attaquent «le réservoir», c’est à dire le virus sous sa forme indétectable. Le cas des patients infectés qui, sans être traités, ne développent pas la maladie, intéresse particulièrement les chercheurs.
Reste le problème majeur des pays du sud. Il faudra un jour choisir, selon le Pr Delfraissy, entre poursuivre l’effort pour mettre des millions de patients du sud sous traitement, ou faire bénéficier à court terme les 500′000 patients résistants de traitements beaucoup plus coûteux.
Agence SBO
Mots-clés : 1er décembre, journée, lutte, sida, Vih
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