Rare série de surdoses en Ile-de-France due à de l’héroïne frelatée


Une trentaine de toxicomanes ont été hospitalisées en Ile-de-France depuis mardi après avoir été victimes en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise de “surdoses” de drogue, probablement provoquées par un mélange d’héroïne coupée avec un anxiolytique.

Mercredi après-midi, environ 150 policiers, dont des effectifs de la compagnie de sécurisation et de la police judiciaire, ont “investi” à 15H00 le quartier des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Densi) où ces personnes s’étaient vraisemblablement approvisionnées mardi, a indiqué le chef de la sécurité publique, Jean-François Herdhuin.

“La police est chargée d’empêcher les ventes et d’agir en répression. Elle restera jusqu’à la nuit tombée” dans cette cité connue pour être un lieu d’approvisionnement multi-drogue en Ile-de-France, a précisé la préfecture.

Selon un photographe de l’AFP, la présence des forces de police n’était pas extrêmement visible.

Un mineur interpellé dans cette cité a été placé en garde à vue à Bobigny dans l’enquête confiée à la police judiciaire, selon une source judiciaire.

Selon un dernier bilan, communiqué dans la soirée par cette source, 32 toxicomanes ont été victimes de malaises (allant jusqu’au coma) depuis mardi: 25 en Seine-Saint-Denis et 7 dans le Val-d’Oise. “La majorité des toxicomanes” est cependant sortie mercredi de l’hôpital.

Le bilan “pourrait encore augmenter”, avait estimé à la mi-journée la même source. Mardi soir, 21 personnes avaient été hospitalisées, la plupart en réanimation. Les jours des victimes n’ont jamais été en danger.

Les premiers malaises avaient été signalés mardi à Pierrefitte, puis à Stains (cité du Clos-Saint-Lazare), Saint-Denis et dans un secteur proche du Val-d’Oise.

Les services de secours ont trouvé les toxicomanes inanimés “dans leurs voitures ou sur la voie publique”, avait précisé mardi le parquet de Bobigny.

Sous réserve de confirmations d’analyses, les “surdoses” ont été probablement provoquées par une combinaison d’héroïne, “a priori en dosage habituel”, et de Xanax, un médicament anxiolytique qui aurait agi en “double effet” et “fait basculer dans le coma” les drogués.

En signalant les premiers cas “d’overdoses” mardi soir, la Direction générale de la santé (DGS) avait évoqué l’hypothèse “d’une héroïne fortement dosée ou contenant un produit particulièrement toxique” et avait “alerté les services d’urgence, les structures de prise en charge et les associations concernées sur la dangerosité accrue d’une héroïne actuellement en circulation”.

Le Xanax, habituellement délivré en pharmacie, “a les mêmes effets que l’héroïne sur les fonctions respiratoires et cérébrales” et un surdosage de ce médicament peut à lui seul entraîner le coma, selon la source judiciaire pour qui “c’est la première fois que des cas de surdoses avec du Xanax sont portés à la connaissance” en Seine-Saint-Denis.

Les derniers cas de surdoses dans ce département étaient dus à une héroïne trop concentrée. Un toxicomane de 36 ans était mort le 29 juillet 2008 à Saint-Denis après avoir pris de héroïne à 30% (contre 10 à 15% maximum d’ordinaire), inévitablement mortelle à cette concentration.

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