L’usage de stupéfiants à des fins médicales pas assez répandu


VIENNE - L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) appelle les gouvernements à promouvoir l’usage sous contrôle de médicaments à base de stupéfiants, comme la morphine et la codéine, pour soulager les souffrances des malades, dans son rapport annuel publié jeudi.

L’agence onusienne regrette que l’accès à ces médicaments soit “quasi nul dans plus de 150 pays” appelant à en faire une “priorité de santé publique”. Les souffrances de plusieurs dizaines de millions de patients pourraient être ainsi atténuées, estime pour sa part l’Organisation mondiale de la santé.

Dans une étude, les pays concernés indiquent ne pas utiliser ces médicaments par peur de phénomènes d’accoutumance, d’obstacles administratifs, de manque de formation des médecins, ou encore en raison du coût élevé.

Concernant les usages illicites, l’OICS, qui fête en 2009 le centenaire du régime de contrôle sur les drogues, s’alarme de la diffusion du cannabis, premier stupéfiant consommé dans le monde.

Selon l’agence, des “formes plus puissantes ont été élaborées, dont la teneur en tétrahydrocannabinol (THC, la molécule active) est beaucoup plus élevée que celle du cannabis produit dans les années 1980″. L’Europe est le premier marché mondial pour le cannabis.

Autre source d’inquiétude: le détournement de médicaments prescrits, particulièrement en vogue aux Etats-Unis.

L’OICS appelle les gouvernements à investir plus dans la prévention, en particulier en direction des jeunes.

L’agence note aussi que les abus de drogues se développent sur les itinéraires des trafics: en Afrique, plaque tournante du trafic d’héroïne et de cocaïne, dans le sud du Caucase, la péninsule arabique. Aux côtés des pays producteurs traditionnels (Afghanistan, Colombie, Maroc, Jamaïque), le Canada est devenu, lui, un gros producteur d’ecstasy.

Enfin, l’OICS s’inquiète des détournements, en particulier en Afrique, de produits chimiques, éphédrine ou pseudoéphédrine, nécessaires à la fabrication d’amphétamines.

“Les trafiquants passent commande auprès d’entreprises légitimes, au moyen d’autorisations falsifiées, pour importer des produits pharmaceutiques dans les pays en développement où les mesures de contrôle sont laxistes voire inexistantes”, s’inquiète l’OICS.

Source : AFP

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