FEMMES ET DROGUES : Sous l’influence du partenaire sexuel


L’Institut National de Veille Sanitaire publie dans son dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomaire (BEH) une étude assez originale. On s’est déjà intéressé à l’usage de drogues chez les femmes dans l’optique des conséquences de la mère à l’enfant à naître. Cette nouvelle étude, dénommée Coquelicot, constate que si les femmes consomment plus de crack et de “free-base”, de sulfates de morphine et de solvants que les hommes , elles s’engagent également plus fréquemment vers des pratiques à risque et cela généralement au sein du couple ou dans le cadre de relations avec un partenaire sexuel.

L’enquête Coquelicot a été conduite de 2004 à 2007, dans plusieurs villes de France auprès d’un échantillon de 1 462 usagers de drogues ayant sniffé ou injecté au moins une fois dans leur vie. Un volet socio-anthropologique complémentaire a été mené auprès de 99 usagers. La méthodologie retenu consistait en un questionnaire socio-comportemental administré par un enquêteur professionnel et un auto-prélèvement de sang permettant d’estimer la séroprévalence des anticorps contre le VIH et le VHC et de la comparer à celle estimée de manière déclarative. Les résultats ci-dessous portent donc sur un échantillon d’usagers avérés de drogues (UD).

Sur la prévalence VIH et VHC : Chez les femmes, la prévalence biologique du VIH est de 15,6 % et de 55,8 % pour le VHC. Ces prévalences sont comparables à celles observées chez les hommes. La bonne nouvelle est que l’ensemble des femmes avaient effectué au moins un dépistage du VIH et VHC dans leur vie.

Sur le comportement addictif des femmes :

Dans le dernier mois, les femmes consomment de la cocaïne (26,9 %), de l’héroïne (24,3 %), et de l’ecstasy (15,8 %) dans des proportions comparables à celles des hommes (tableau ci-contre).

Usage supérieur à celui des hommes : Mais elles consomment plus de crack ou de free base (1) (41,8 %), de sulfates de morphine (20,4 %) et de solvants (2,5 %) que les hommes.

Usage moindre à celui des hommes : Leur consommation d’alcool, d’amphétamines et de stimulants est moindre.

Une pratique à risque plus fréquente : Si l’injection est moins pratiquée dans le cas d’un usage prolongé, si le partenaire sexuel est fréquemment à l’origine de l’initiation, une fois « usagères », les femmes sont plus engagées que les hommes sur des pratiques à risque : Le partage du matériel lié à l’injection qui peut entraîner la transmission du VIH et des hépatites est plus fréquent chez les femmes et se déroule généralement au sein du couple. Ainsi parmi les usagères de drogues ayant pratiqué l’injection au cours du dernier mois, environ 1 femme sur 4 a partagé sa seringue et son récipient de préparation.

Conclusion : La prévention passe par une sensibilisation des femmes usagères sur ces pratiques à risque, en particulier au sein du couple et d’une manière générale par et avec les partenaires sexuels. En effet, pour une majorité de femmes usagères, c’est le compagnon qui propose et offre la possibilité de consommer. La femme ne maîtrise mal sa consommation, ne prévoit pas son matériel stérile et encourt ainsi un risque supérieur d’exposition au VIH.

Source : Accéder au BEH de l’INVs : http://www.invs.sante.fr/beh/2009/10_11/beh_10_11_2009.pdf

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