Un guide de survie pour les ados fêtards


PRÉVENTION | Comas, viols, mélanges: des étudiants en médecine ont créé un site Web destinés aux jeunes noctambules.

On sait depuis quelque temps que les bitures express et autres comportements à risque sont à la mode chez les ados. Pour les aider à ne pas trop mal finir, quatre étudiants en médecine ont créé un site Internet très pragmatique. Cette plate-forme destinée aux 15-20?ans, qui tourne depuis un an environ, devrait être complétée cet été par de nouveaux conseils que les ados accros aux sorties recherchent, sans parfois oser s’adresser à leur entourage.

Lifenight.ch est un vrai petit guide de survie pour le jeune qui aime faire la fête. Au menu, cinq thèmes. Sexe, alcool, drogue, urgences, transports: chaque domaine a été traité par l’un de ces étudiants en deuxième année, dans le cadre d’un cours à option de médecine préventive à l’Université de Genève. Des conseils de terrain, distillés dans un langage urbain mais aussi un peu plus scientifique, afin de signaler la composition des substances consommées. «Nous voulions les informer, mais autrement, sans leur dire «Ne fais pas ça», explique Aurélie Lamon, l’une des étudiantes impliquées. «Nous pensons qu’un site créé par des jeunes pour des jeunes fonctionne mieux qu’une brochure écrite par des adultes.»

Qu’est-ce qui rend ivre, comment retrouver ses esprits ou rentrer à la maison après une cuite? Le site renseigne l’ado sur ce qu’est l’ivresse et les moyens d’éviter qu’elle dégénère. De multiples questions, difficiles à poser à des parents, y figurent. «Entre mes potes, on boit pareil mais certains finissent plus vite bourrés, pourquoi?» ou encore «Je ne veux pas terminer ivre mort mais j’aimerais bien boire, que faire?»

Afin d’éviter les drames, le jeune peut également apprendre les gestes qui sauvent si l’un de ses copains tombe dans un coma éthylique, par exemple. A savoir, est-ce qu’il répond et est-ce qu’il respire? S’ensuit une démonstration en image du massage cardiaque et de la respiration artificielle. Le stade du coma est également précisément décrit afin que l’ado sache le distinguer de l’ivresse, durant laquelle il est «encore plus désinhibé, parle de moins en moins bien et peut vomir». Alors que lors d’un coma, «tu perds connaissance, ton corps se refroidit et tu peux en arriver à t’uriner dessus», précise le site.
Une énorme partie de ce dernier contient des informations sur les drogues, classées par genres. Pas de morale: on informe directement sur les effets ressentis lors de la montée – lorsque la substance commence à agir – et de la descente, ainsi que la durée de ce processus et ses dégâts. On rappelle également que les mélanges sont parfois carrément inutiles pour le consommateur (et dangereux, bien sûr): «Les effets «peace et câlins avec tout le monde» que l’on pourrait ressentir sous ecstasy sont réduits ou non existants», apprendra le jeune consommateur qui hésite à mêler ecstasy et amphétamines.
Enfin, le site informe également sur les mesures à prendre, souvent consécutivement à l’absorption d’alcool ou de drogue, lors d’un viol ou d’un rapport non protégé. Lifenight.ch devrait bientôt être réactualisé grâce à d’autres questions, parfois basiques, que se posent certains ados. «Par exemple, certains aimeraient simplement savoir que faire si un copain vomit!» explique Aurélie Lamon.

Source : Tribune de Genève

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