Une étude canadienne établit un lien entre crack et VIH
VANCOUVER, Colombie-Britannique, 19 octobre (Reuters) - Fumer quotidiennement du crack accroît les risques de propagation du virus VIH, affirme une une étude canadienne publiée lundi, sans que les chercheurs puissent définir le lien exact.
Les chercheurs, qui ont étudié le lien entre consommation de drogue et VIH dans le quartier défavorisé d’Eastside à Vancouver, l’un des plus affectés du Canada par le phénomène de la drogue, ont souligné la nécessité de faire de nouveaux efforts, en ouvrant par exemple des “salles d’inhalation sûres” pour aider les toxicomanes.
L’étude, qui s’étend sur neuf ans et a été publiée par le Canadian Medical Association Journal, conclut aussi que le nombre de toxicomanes fumant quotidiennement du crack a fortement augmenté dans le quartier.
Les problèmes de drogue, de pauvreté et de sans abri dans les quartiers pauvres risquent d’attirer l’attention des médias internationaux cet hiver, lorsque Vancouver accueillera les Jeux olympiques d’Hiver.
Les chercheurs notent que lorsqu’ils ont entamé leur étude, en 1996, ils n’ont pas relevé aucun élément indiquant que fumer quotidiennement du crack augmenterait le risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine, qui provoque le sida.
Mais des signes de risque sont apparus en milieu d’étude et se sont accentués au fil du temps en même temps qu’augmentait le nombre de participants à l’étude reconnaissant fumer du crack, une variante solide de la cocaïne qui rend très dépendant.
LESIONS DANS LA BOUCHE OU RELATIONS SEXUELLES NON PROTEGEES?
Les participants à l’étude affirmant fumer du crack quotidiennement risquaient quatre fois plus d’être infectés par le virus que ceux qui fumaient moins fréquemment ou pas du tout.
Le virus se propage peut-être parce que les fumeurs de crack, dont certains sont séropositifs, se partagent les pipes et que des fumeurs peuvent présenter des lésions dans la bouche, mais les chercheurs n’en sont pas certains.
Une autre hypothèse serait que sous l’influence du crack, des toxicomanes ont des relations sexuelles non protégées.
Le quartier a le taux de séropositifs et de malades du sida le plus élevé du Canada. A la fin de l’étude, près de 40% des participants fumaient du crack quotidiennement.
Le lien entre propagation du sida et drogues consommées avec une seringue était déjà bien établi, mais le chercheur Evan Wood, du Centre de recherche de Colombie-Britannique sur le sida, a reconnu avoir été surpris de constater que fumer du crack présentait aussi un risque.
Cette découverte montre que le Canada devrait envisager des programmes pour traiter la consommation de crack comme un problème de santé plutôt que comme un problème d’infraction à la loi, a dit Wood dans une interview.
L’étude suggère notamment la création de locaux où les consommateurs de drogue pourraient fumer dans des conditions médicalement controlées, avec un accès à des informations sur les moyens de combattre leur toxicomanie.
Vancouver dispose déjà du seul local d’Amérique du Nord où les consommateurs de drogue à injecter peuvent venir se faire leur piqûre en bénéficiant d’une supervision médicale. Ce projet a été approuvé par les autorités locales et provinciales mais le gouvernement fédéral conservateur tente d’obtenir sa fermeture.
Une cour d’appel doit sous peu se prononcer sur un appel interjeté par Ottawa contre une décision de justice autorisant la structure Insite à rester ouverte.
(version française Nicole Dupont)
((Service Informations générales. Tél 01 49 49 53 34. Reuters Messaging: nicole.dupont.reuters.com@reuters.net))
Source : Reuters
Mots-clés : cocaïne, consommation, crack, drogue, risque, sida, transmission, vih
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