Drogue : pour réduire les risques, il faut réduire les inégalités de santé


PARIS - La réduction des risques chez les usagers de drogues ne doit pas se réduire à la seule mise à disposition d’outils tels que du matériel d’injection, mais faire partie d’une stratégie globale de réduction des inégalités sociales de santé, estime l’Inserm.

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale a publié vendredi les résultats d’une expertise collective visant à étudier les dispositions de réduction des risques (RDR) chez les usagers de drogue, mises en oeuvre dans différents pays.

En France, rappelle l’Inserm, la politique de RDR chez les usagers de drogue est fondée sur “la mise en place d’un accès élargi au matériel d’injection stérile, aux traitements de substitution aux opiacés, au dépistage de l’infection par le VIH et aux traitements antirétroviraux”.

Ce qui a permis “de réduire drastiquement l’incidence de l’infection par le VIH et le nombre de décès liés à l’usage de drogues” et d’améliorer l’accès aux soins des usagers, note l’Inserm. Mais près de 60% des usagers souffrent encore d’hépatite C, de nouvelles populations échappent aux dispositifs existants et de nouvelles pratiques à risque sont arrivées.

“La politique de RDR ne doit pas être réduite à la seule mise à disposition d’outils, elle doit impérativement faire partie d’une stratégie plus globale de réduction des inégalités sociales de santé”, estime l’Inserm.

L’Institut prône le partage d’une “culture commune” par les professionnels de santé, les associations et les acteurs des champs médico-social et social. Il recommande de “renforcer la cohérence des différentes politiques publiques sanitaire, sociale et pénale” et de proposer une approche globale “intégrant les spécificités individuelles et l’évolution des modes de consommation”.

Femmes, mineurs et détenus devront “faire l’objet de politiques spécifiques”, avec “respect de l’équité de soins prodigués en détention et en milieu libre”, selon l’expertise. Elle estime aussi que la RDR “doit s’inscrire dans une logique de continuum, et non d’opposition, avec les stratégies de prise en charge de la dépendance” et qu’il faut renforcer l’accès à “des projets thérapeutiques personnalisés et à un suivi médical et social”.

“Il s’agit en tout premier lieu de prévenir le passage à l’injection”, estime l’Inserm. Pour ceux qui ne peuvent s’en passer, il convient “d’en limiter les risques associés”.

Source : AFP

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