Christophe Mani: «Le Quai 9 résout plus de problèmes qu’il n’en pose»
Pour lui, les vrais chiffres de la toxicomanie croisent d’abord ceux des professionnels de l’urgence médicale. «En 2009, nous avons dû faire appel à l’ambulance à 54 reprises, contre moins de 40?fois les années précédentes», déclare Christophe Mani, le directeur de Première ligne, association qui gère le Quai 9. La vie d’un usager du local d’injection à sauver. Commentaire de son responsable: «Des gens en danger qui seraient peut-être morts d’overdose dans une allée ou chez eux.»
Faire chuter le taux de mortalité de ce milieu impitoyable est l’une des vocations du centre situé derrière la gare. Comme de chasser les idées reçues qui font le lit des discours extrémistes. Tous les usagers de drogue ne sont pas des délinquants ni des étrangers dans cette ville. «Entre 2003 et 2008, nous avons recensé 650?personnes d’origine française parmi celles qui ont fréquenté une fois au moins nos locaux, poursuit Monsieur Mani. C’est certes beaucoup, mais nous touchons un millier de personnes différentes chaque année. Comme sont nombreux les Géorgiens qui, depuis maintenant 2004, ont fréquenté nos structures. Plusieurs centaines. L’une de nos collaboratrices, parlant leur langue, est d’ailleurs présente dans nos murs chaque jeudi après-midi pour faire le lien et assurer un travail d’interprète. Ces ressortissants de Géorgie consomment de l’héroïne, certains prennent des médicaments et ont entre 20 et 40?ans. Ils arrivent en Suisse précédés d’une réputation de voleurs qui, pour ainsi dire, les condamne par avance.»
Mots-clés : Christophe Mani, drogue, Genève, Première ligne, Quai9Le Quai 9 s’agrandit sous l’aile de Christophe Mani

Derrière la gare, le local de consommation de drogues est en plein agrandissement. Les travaux devraient être terminés pour la fin octobre. Pour veiller à ce tournant dans l’existence du Quai?9, Christophe Mani est aux commandes. Directeur de Première Ligne, l’association qui chapeaute les lieux, il est l’un des fondateurs et l’actuel responsable de cet espace d’accueil destiné aux toxicomanes, où près de 100 injections se pratiquent chaque jour.
Christophe Mani a toujours œuvré dans le social, même s’il n’est «pas tombé dedans étant petit». C’est un stage avec des enfants souffrant de troubles du comportement qui, après le collège, le pousse à devenir éducateur spécialisé. Il passe alors neuf ans auprès de personnes aux prises avec des problèmes psychiatriques conséquents. «Cela a toujours été mon cheval de bataille, de faire en sorte que des personnes différentes s’intègrent dans la communauté, explique-t-il. J’ai toujours voulu remettre en question ces images de la folie, de la toxicomanie ou même du sida, en proposant une autre vision, moins caricaturale, de ces problèmes-là.»
Mots-clés : Christophe mani, local d-039injection, Première ligne, Quai9A propos
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