Stupéfiants: le modèle suisse, d’abord décrié, a servi d’exemple
Jean-Félix Savary, secrétaire du Groupement romand d’études des addictions (GREA), déplore que les référendaires contre la loi sur les stupéfiants en fassent un combat idéologique.
La drogue est l’une de ces questions de société qui savent instantanément enflammer les esprits dès qu’on les aborde. Restent les faits, plus têtus que jamais sur cette question. Certaines personnes trouvent la mort au bout du chemin si rien n’est fait pour leur venir en aide.
En 1990, près de 500 personnes mouraient annuellement en Suisse à cause de la drogue. Pour répondre à la souffrance des personnes concernées, comme à celle de leurs proches, un nouveau concept a été mis en place par le Conseil fédéral: la politique des quatre piliers.
Mots-clés : 30 novembre, drogue, GREA, stupéfiant, suisse, votation«Nous défendons une politique de la drogue qui a fait ses preuves»
Questions à Jean-Félix Savary, secrétaire du Groupement romand d’étude des addictions (GREA).
Le Temps: Vous montez au créneau pour défendre la loi sur les stupéfiants, soumise à référendum le 30 novembre. Avec quelles troupes?
Jean-Félix Savary : C’est un grand motif de satisfaction pour nous: nous avons composé un front comprenant tous les professionnels concernés de près ou de loin par la problématique de la drogue: intervenants en toxicomanie, médecins, pharmaciens, policiers, enseignants, psychologues. Ces milieux, qui étaient divisés dans les années 1980 et 1990, sont aujourd’hui tous rassemblés derrière la politique des quatre piliers: répression, thérapie, prévention, réduction des risques. Nous travaillons aussi avec des associations de parents, le Conseil suisse des activités de jeunesse, Pro- uventute, Pro Senectute. On peut parler d’une large mobilisation de la société civile.
Mots-clés : drogue, GREA, loi, LSTUP, politique, révision, suisseNouveau programme destiné aux buveurs non-dépendants créé
On peut avoir une consommation d’alcool problématique sans pour autant être dépendant. Plusieurs institutions romandes proposent un nouveau programme destiné à cette catégorie de personnes. Son but: leur permettre de contrôler elles-mêmes leur consommation.
Certains buveurs ont une consommation excessive ou à risque qui conduit à divers problèmes de santé ou à des conséquences sociales ou professionnelles. Ces personnes ne sont pas pour autant dépendantes, même si à terme le risque d’addiction est bien présent, explique le Groupement romand d’étude des addictions (GREA).
Mots-clés : Alcochoix, alcool, consommation, dépendance, dépendant, GREA, programme, Suisse«Il ne faut pas confondre le rôle de l’école avec celui de la police»
TESTS DE DÉPISTAGE - Pour Jean-Félix Savary, la détection du cannabis à l’école, approuvée par les députés, est «contre-productive».
Une première en Suisse. Mardi dernier, le Grand Conseil vaudois acceptait une motion ouvrant la voie aux tests de dépistage du cannabis dans les écoles (notre édition du 24 avril). Proposée par le député et médecin Jacques-André Haury (écologie libérale), la mesure laisse perplexe bien des spécialistes, parmi lesquels Jean-Félix Savary, secrétaire général du GREA (Groupe romand d’étude des addictions). Interview.
Comment réagissez-vous à la décision du parlement?
Mots-clés : cannabis, dépistage, école, GREA, Savary, test, VaudL’action de Moutinot contre les drogués est contestée
DÉLINQUANCE | 00h05 Le projet du magistrat est vivement critiqué par les spécialistes des addictions.
D’ici à la fin de l’année, les consommateurs de drogue devront se faire encore plus discrets. Le conseiller d’Etat en charge des Institutions, Laurent Moutinot, a annoncé au Matin dimanche sa ferme intention de s’en prendre désormais également aux clients des dealers. Son objectif: dissuader ces consommateurs et appliquer plus fidèlement la loi sur les stupéfiants. Un projet vivement critiqué par les spécialistes des addictions.
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