«Les médecins doivent refuser de faire des tests anticannabis»
DROGUE | 01h43 Pour les spécialistes des addictions, le dépistage en milieu scolaire bafoue toute déontologie.
En se prononçant mardi dernier pour des tests de dépistage des fumeurs de cannabis dans les écoles publiques, le Grand Conseil vaudois a lancé une bombe. Sa décision va à l’encontre de toutes les prises de position, médicales et éthiques, des spécialistes de la prévention. Membre du comité de
Une doctrine arrêtée sans concertation
Même Daniel Zappelli, procureur général tout à la joie de sa réélection de dimanche, s’est fendu d’une pique en direction de Laurent Moutinot: «Plutôt que d’amender les consommateurs, je préfère emprisonner les dealers.» Dont acte.
Les déclarations de Laurent Moutinot, chef du Département des institutions, ont provoqué quelques remous au sein des associations en charge de la politique sanitaire de la drogue. En proposant d’amender les usagers de drogues récréatives, comme il l’a fait dans la presse dominicale, le magistrat rompt avec une pratique élaborée en partenariat avec ces milieux.
Ce virage à 180 degrés n’a en tout cas pas fait l’objet d’une concertation avec le monde politique. Les députés membres de la commission de la santé disent au mieux avoir appris la nouvelle en lisant les affichettes de la presse dominicale; au pire, ils avouent «tomber des nues», à l’instar d’Ariane Wisard-Blum, députée verte.
Sa collègue Lydia Schneider Hausser, députée socialiste, est tout aussi surprise. Elle estime que ces propos «ne riment à rien. On ne va rien résoudre de la sorte.» Egalement active au sein de l’association de prévention et de prise en charge sanitaire de la problématique de la drogue Première ligne, elle observe que ce genre de politique ne revient qu’à s’attaquer aux personnes les plus faibles de ce marché. Les consommateurs aisés qui prennent de la coke parce que c’est branché se font livrer à domicile, ils échappent à ce type de répression. «Il faut une complémentarité. Les riverains qui peuvent être affectés par le trafic de drogue doivent pouvoir s’adresser à un interlocuteur du type Première ligne», souligne-t-elle. Lorsqu’une allée est utilisée pour se piquer, par exemple, les travailleurs sociaux avertis viennent tout de suite pour calmer le jeu. «Cette médiation n’est plus possible avec la politique de répression prônée depuis quelques jours.»
A droite, seul le Parti libéral applaudit, par la voix de Nathalie Fontanet, membre également de la commission de la santé, qui réagit en juriste: «J’ai envie de dire que, enfin, le magistrat en charge du dossier fait respecter le droit.»
Son collègue démocrate-chrétien Didier Bonny est plus prudent: «J’attends d’entendre les propos de M. Moutinot de vive voix.» Lui aussi a été informé de ce revirement par la presse.
Philippe Bach
Tests anticannabis à l’école? «Oui» des députés
GRAND CONSEIL | 00h28 Dans un débat bloqué, et pour prouver sa dureté face aux drogues douces, la droite suit Jacques-André Haury. Problèmes juridiques et pratiques en vue.
«Ceux qui s’opposent à ma motion sont partisans de la légalisation des drogues douces!» Hier au Grand Conseil, l’écolibéral Jacques-André Haury a fait de son texte l’étendard de la fermeté.
Le nouveau programme national tabac ne fait pas l’unanimité
SUISSE | 16h39 Le nouveau programme de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui s’étend sur la période 2008-2012, mise sur la prévention pour réduire le nombre de fumeurs. Il veut aussi voir baisser le tabagisme passif de 80 %. Pour cela, les lieux les plus exposés doivent devenir non-fumeurs dans l’ensemble de
L’UDC rejette le plan et ses mesures de prévention «inutiles» et «sans effet» à ses yeux, a-t-elle indiqué dans sa réponse à l’audition sur le programme national tabac. A la place, l’UDC demande que la loi sur la protection de la jeunesse soit appliquée de manière stricte.
Débat à DIALOGAI : Séro +, Séro -, vivre ensemble ?
Jeudi 24 janvier 2008, 20h
Le professeur Bernard Hirschel des Hôpitaux universitaires de Genève a annoncé publiquement que les personnes séropositives VIH sous traitement, à virémie indétectable, ne peuvent pas contaminer leurs partenaires. Cette nouvelle est confirmée par la Commission fédérale sida en Suisse. A notre connaissance, c’est la première fois que cette
A propos
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