Naples : Sa baie, ses clans, sa coke


En cheville avec les narcos colombiens, les deux mafias du sud de l’Italie, la Camorra et la ’Ndrangheta, gèrent le trafic de cocaïne pour toute l’Europe. Au grand dam des policiers, souvent impuissants, raconte l’écrivain Roberto Saviano.

Il n’y a rien au monde qui puisse soutenir la comparaison avec elle. Rien qui puisse rapporter autant et aussi vite. Rien dont on puisse garantir la même distribution immédiate, le même approvisionnement en continu. Aucun autre produit, aucune autre idée, aucune autre marchandise qui ait vu son marché croître de façon exponentielle depuis plus de vingt ans. Aucun autre marché n’est assez vaste pour accueillir sans limites de nouveaux investisseurs, de nouveaux agents commerciaux, de nouveaux distributeurs. Il n’y a rien au monde d’aussi désiré ni d’aussi désirable. Rien qui présente un rapport aussi favorable entre l’offre et la demande : la première ne cesse de croître, galopant derrière la seconde, qui se renouvelle à travers les générations, les classes sociales et les cultures, devenant de plus en plus multiforme à mesure qu’apparaissent des exigences de qualité et de goût toujours plus variées.

La cocaïne, car c’est d’elle qu’il s’agit, est le véritable miracle du capitalisme contemporain et elle est capable d’en surmonter toutes les contradictions. Les rapaces l’appellent le pétrole blanc. Les “rapaces”, ce sont les groupes mafieux nigérians de Lagos et de Benin City, devenus des interlocuteurs incontournables pour le trafic de coke en Europe et en Amérique. La revue Foreign Policy ne compare-t-elle pas leurs réseaux criminels à la mafia italo-américaine ?

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Guinée-bissau : De la poudre dans les eaux africaines


Le trafic de cocaïne fleurit dans cette région livrée à elle-même. Faute de moyens, ce petit pays pourrait bien devenir le premier narco-Etat d’Afrique.

Assis devant une case en terre à Ondame, un misérable village côtier de la Guinée-Bissau, petit Etat d’Afrique occidentale, Abel Sa raconte l’histoire d’une pêche miraculeuse. “Les plus gros devaient être grands comme ça, 30 kilos au moins”, assure-t-il en ouvrant grand les bras. “Il y a des gens qui en ont trouvé juste un ou deux, mais il y en a d’autres qui en ont ramené des centaines et qui sont devenus riches.” Voilà comment certains veinards ont fait la prise de leur vie. Pourtant, ce qu’ils ont remonté dans leurs filets, ce n’était pas les habituels poissons plats de la région, mais des paquets de cocaïne colombienne pure rejetés par un de ces navires de contrebande lors d’un naufrage au large. Contrairement à leurs homologues de Whisky à gogo, le roman de Compton McKenzie [dont est tiré le film éponyme d’Alexander Mackendrick (1949)] qui raconte comment une communauté de pêcheurs des Hébrides pille la cargaison de whisky d’un bateau échoué, les habitants d’Ondame n’avaient aucune idée de leur prise. Certains ont répandu la chose sur des plants de tomates, qui périrent rapidement, d’autres s’en sont servis pour assaisonner leurs plats.

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A propos

Cette « revue de presse de première ligne» sur le thème des dépendances, des toxicomanies, des drogues, des addictions est une synthèse de l'actualités, des analyses et opinions des médias. Elle ne peut en aucun cas être interprétée comme reflétant le point de vue de son auteur. Pour information, la revue de presse de Première ligne est réalisée à partir de la presse quotidienne nationale et internationale, de la plupart des hebdomadaires et mensuels, et de différents sites internet.