Après le rapport de l’Inserm, Mme Bachelot, Ministre de la Santé, doit lancer l’expérimentation des salles de consommation de drogues à moindre risque
Suite à l’installation le 19 mai 2009 d’une salle de consommation de drogues à moindre risque, Mme Bachelot avait annoncé à l’Assemblée Nationale qu’elle attendait les résultats d’une expertise collective sur la réduction des risques confiée à l’Inserm pour se prononcer sur leur expérimentation. C’est chose faite depuis vendredi, l’Inserm ayant mis en ligne sa synthèse.
Le rapport prend acte que la réduction des risques est à un tournant. Si elle a pu réduire les risques de contamination VIH, les overdoses et améliorer l’accès aux soins, elle a aussi atteint certaines limites : elle ne touche pas forcément les populations les plus marginalisées, elle a du mal à prendre en compte les nouvelles pratiques des consommateurs de psychostimulants et injecteurs de cocaïne, et peine à réduire les contaminations par l’hépatite C…
Mots-clés : France, Hépatite C, Injection, Réduction des risques, Salle de consommation, VIH-SidaAu Quai 9, à Genève, accompagnement social et shoot propre
Impossible de ne pas le remarquer : le lieu dit Quai 9, situé derrière la gare de Cornavin, est un gros baraquement vert, planté au milieu d’un carrefour. Plus de cent toxicomanes se pressent chaque jour dans cet espace pour consommer les drogues qu’ils apportent, échanger des seringues et discuter. Ouvert en 2001 par Première Ligne, association genevoise de réduction des risques liés aux drogues, la seule salle de ” shoot ” de Genève (sur une quinzaine en Suisse) est accessible de 11 heures à 19 heures, encadrée par cinq infirmiers et travailleurs sociaux. Passé la porte, on est prié de mettre ses préjugés au placard.
Samedi 19 juin, 10 h 50, Valérie, infirmière, fait visiter les lieux : une grande salle lumineuse avec deux tables en bois, des plantes vertes et un bar ; et un local d’injection auquel les usagers accèdent munis d’un ticket. Son décor est pimpant. Six petites tables blanches aux allures de pupitres d’écolier sont réservées aux shoots. Il y a aussi deux tablettes pour sniffer et un endroit fermé et ventilé pour inhaler cocaïne et héroïne. Pourvu qu’il soit majeur, et apporte son produit, chaque visiteur reçoit un kit - seringue, cuillère, désinfectant -, puis s’exécute, sous l’oeil attentif du personnel.
Mots-clés : cocaïne, héroine, Quai 9, Réduction des risques, salle de consommation, SuisseDrogues : débat autour de la création de salles de consommation
Ce dispositif de réduction des risques est réclamé par les associations. Le gouvernement hésite.
Voici des résultats qui ne manqueront pas d’être commentés. Depuis 2002, l’opinion des Français sur les drogues, licites comme illicites, s’est durcie, selon l’enquête EROPP 2008, réalisée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et présentée avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), lundi 21 juin. Le président de la Mildt, Etienne Apaire, y voit un ” lien avec la politique menée ces dernières années “, et notamment les discours prohibitionnistes tenus sur les dangers des drogues.
L’enquête EROPP est opportunément publiée alors que doit être présenté aux associations d’aide aux toxicomanes, jeudi 24, un bilan d’étape de l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur la réduction des risques chez les usagers de drogue. Ce travail donnera lieu à des recommandations aux pouvoirs publics, publiées fin juin. Il est très attendu car il comporte un volet sur les salles de consommation - un dispositif dont l’implantation éventuelle en France fait polémique entre les partisans de la réduction des risques et le gouvernement depuis plus d’un an.
Mots-clés : France, héroine, réduction des risques, Salle de consommation«Les salles permettent une prise en charge avant que les choses ne se compliquent»
INTERVIEW : Encore inexistantes en France, les salles destinées limiter à encadrer la prise de drogue existent depuis longtemps à l’étranger. Avec quels résultats?
Patrizia Carrieri est chercheuse à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), spécialisée sur les questions de santé publique en matière de toxicomanie.
Mots-clés : drogue, france, Inserm, paris, résultat, salle de consommationL’ouverture de salles de consommation de drogue en question à Paris
Le député PS Jean-Marie Le Guen soumet la question ce lundi au Conseil de la Ville. Déjà implantées à l’étranger, ces salles semblent répondre à leur double objectif: réduire les risques pour les usagers en même temps que les nuisances pour les habitants.
Quitte à se piquer, autant le faire en limitant les risques. Un peu abrupt, mais un principe de réalité mis en avant par nombre d’associations qui travaillent au contact des toxicomanes pour appeler à l’ouverture de «salles de consommation à moindre risque». Des lieux abrités de la rue où l’on trouverait du matériel d’injection (ou d’inhalation) stérilisé et un accompagnement médical. L’idée, qui a déjà bien cheminée à l’étranger, est soumise ce lundi au Conseil de Paris par Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris (et médecin). Un premier pas, puisque pour l’heure il ne s’agit que décider d’une subvention pour une «démarche de réflexion, d’expertise et de qualification».
Mots-clés : drogue, France, Paris, réduire les risque, salle de consommationPrevious Articles
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