Une unité mobile de test de drogue sera mise en place cet été. L’essai s’inspire de Zurich, qui a adopté le système en 2001.

«Un danger encore pire que la drogue elle-même, c’est la surdose de principe actif ou les substances nocives utilisées pour couper», assène le médecin cantonal, Jacques-André Romand. Pour lutter contre ces fléaux, un dispositif de «drug checking» va être lancé cet été à Genève. Premier essai lors de la Lake Sensation, le 8 juillet.

Analyse en 20 minutes

Le projet, porté par l’association Première ligne, a été approuvé hier par le Conseil d’État. Un laborantin, qui se déplacera selon les événements, analysera les produits en vingts minutes. La drogue testée ne sera pas rendue aux consommateurs et les mineurs n’auront pas accès à ce service.

Pas de présence aux abords des boîtes

«L’idée n’est absolument pas de juger la qualité», précise Emmanuel Ducret, chef de projet pour Première ligne. Un membre de l’association sera présent pour prévenir et «entrer en contact avec des usagers qui ne viendraient pas nous voir sans cet outil». Première ligne aimerait, courant 2017, voir cette unité mobile transformée en permanence fixe, au service d’addictologie des HUG, comme à Zurich où une quinzaine de tests sont réalisés chaque semaine. «Cet exemple a montré une meilleure gestion de la consommation.» D’autant qu’il est «hors de question»», pour le médecin cantonal, d’envisager une présence régulière de l’unité les week-ends, aux abords des boîtes de nuit. «Il ne s’agit pas d’un service après-vente pour dealers». Le département de la santé ne craint pas l’incitation et mentionne une «politique de prévention visant une protection supplémentaire.»

Répertorier les dangers

Les tests permettront aussi au laborantin et à l’association Première ligne de repérer les produits en circulation et de tenir un registre à jour. «Les informations sur les produits bizarres, utilisés pour couper les drogues, sont précieuses pour nous», affirme le médecin cantonal. «De même pour la mise en circulation de nouvelles drogues de synthèse, qui peuvent provoquer de graves troubles neurologiquesou respiratoires.» Les sites internet des milieux festifs informent déjà sur la circulation de produits à risques.

28.06.2017
20min – Par Lucie Fehlbaum

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