Définitions

Le concept de la réduction des risques a une origine anglo-saxonne et date du début du 20e siècle. En Suisse, la réduction des risques fait partie d'une politique globale en matière de drogues, voulue tant sur un plan fédéral que cantonal.

Elle est à la fois une politique et une pratique, construite autour de deux préceptes fondamentaux :

  • Un fonctionnement résolument pragmatique, au plus proche de la réalité des usagers de drogues,

  • Une éthique professionnelle basée sur une totale acceptation de l'usager de drogues comme «citoyen capable de faire des choix».

Pour Médecin du Monde, «c'est un modèle de santé publique visant à réduire les dangers sanitaires et sociaux liés à l'usage de drogues quelque soit le statut légal de la drogue. Il s'agit d'une approche pragmatique, soucieuse de la dignité des personnes et refusant les attitudes moralisatrices».
Pour ASUD (Groupe d'autosupport d'ex et/ou d'usagers de drogues en France), la réduction des risques est définie ainsi, «s'il n'est pas encore possible pour l'individu d'arrêter la prise de la substance injectable, ou s'il n'en a pas envie, on doit au moins essayer de minimiser les risques qu'il fait encourir aussi bien à lui-même qu'à son environnement».

Notre vision se base sur le fait, qu'on le veuille ou non, que la consommation de drogues fait partie intégrante de notre société. Il s'agit d'en limiter certaines conséquences négatives, sans exercer de regard moral dans la relation établie avec les personnes concernées, que cela soit en terme de consommation de drogues ou de sexualité. Pour lutter contre le virus VIH et les autres maladies transmissibles, pour réduire les risques de manière globale, il est nécessaire de tenir compte de la situation de chaque personne et de lui fournir des prestations adaptées à sa réalité. Le regard est porté sur la situation de vie actuelle, avant d'en exiger des changements.

La personne est ainsi acceptée dans sa dépendance, même si s'en libérer peut rester un objectif à plus ou moins long terme. Le travail d'orientation vers les structures de soins et de traitement va dans ce sens. En d'autres mots, il s'agit de permettre à des personnes de rester en vie et en santé, dans la dignité, malgré des comportements souvent jugés répréhensibles d'un point de vue social.

La réduction des risques invite également à reconsidérer la notion de dangerosité des produits. Si leur consommation n'est de loin pas banale, la dégradation de la santé et la précarité sociale ne sont pourtant pas inhérentes à cette consommation. Le contexte de consommation, le mode de vie, la marginalisation et la criminalisation sont autant de facteurs décisifs dans les risques associés à l'usage de drogue.



A voir aussi
Charte Européenne pour la réduction des risques

Evolution de la politique de soins en matière de toxicomanie : la réduction de risques, MINO, A., dans Toxicomanie Hépatites SIDA, sous la direction de J.-M. Guffens, Le Plessis-Robinson, Les empêcheurs de penser en rond, 1994