Après Berne, Zurich et Bâle, Genève se met aussi au «drug checking». Un essai pilote sera réalisé le week-end prochain lors de la Lake Sensation, la fête qui suit la Lake Parade, sur le quai Gustave-Ador. Les consommateurs de drogue pourront y faire analyser leurs substances par un laboratoire mobile, afin de connaître leur composition chimique. Le Conseil d’Etat a annoncé mercredi qu’il soutenait financièrement l’action Nuit Blanche? de l’association Première ligne.

Le but est de déceler les principes actifs de certaines familles de drogues et les produits de coupe, qui peuvent s’avérer dangereux. «Certaines drogues sont par exemple coupées avec de la phénacétine, un médicament qui peut provoquer des insuffisances rénales», explique le médecin cantonal, Jacques-André Romand. Lorsqu’une substance s’avère particulièrement nocive, en raison d’un dosage trop fort ou de composants inattendus, une alerte est diffusée sur les sites Internet des milieux festifs ainsi qu’à la police, aux hôpitaux, aux services de secours, aux instituts toxicologiques et aux organismes de prévention. En 2015, sur 2242 échantillons analysés en Suisse lors d’opérations de «drug checking», l’alerte a dû être déclenchée dans 1379 cas.

L’analyse chimique dure une vingtaine de minutes. Pendant ce temps, on en profite pour responsabiliser le consommateur face aux risques encourus. Il doit également répondre à un questionnaire anonyme sur sa consommation de drogue, le prix d’achat et la source d’approvisionnement, entre autres.

«Grâce au drug checking, nous avons accès aux consommateurs et pouvons les sensibiliser, relève Jacques-André Romand. Cela nous permet aussi de repérer ceux qui n’ont pas qu’une consommation récréative, mais sont dans un état de dépendance.» Une fois l’analyse terminée, la personne est directement informée sur la pureté de la drogue, les composants détectés, leurs effets et les risques potentiels.

Les échantillons ne sont pas restitués aux usagers une fois les analyses effectuées. «Nous avons l’obligation légale de les détruire, explique le médecin cantonal. La possession de stupéfiants reste interdite en Suisse, nous ne pouvons pas rendre ces échantillons ni les garder, ce serait du recel.» Jacques-André Romand ne craint pas que ce point dissuade les consommateurs de faire tester leurs produits: «L’expérience des autres cantons a montré que ce n’est pas le cas.»

01.07.2017
Tribune de Genève – Par Antoine Grosjean

Soutenir Première ligne

Vous désirez soutenir le travail mené par Première ligne, nous vous invitons à devenir membre de notre association :

CHF 50.- pour une personne physique
CHF 100.- pour une personne morale

Ou d'apporter votre contribution financière sur le compte bancaire suivant :
Banque Cantonale de Genève
IBAN : CH46 0078 8000 K327 9090 7

Devenir membre Dons en ligne