[Tribune de Genève - ATS - 21.05.2019]

GenèveLes consommateurs de stupéfiants peuvent désormais compter sur une association pour vérifier la qualité de leurs produits.

A Genève, l’association «Nuit Blanche?», dont la mission est de réduire les risques liés à la consommation de produits stupéfiants, offre à partir du mois prochain la possibilité d’analyser les drogues. Ce projet est une première en Suisse romande.

«Nous nous adressons à des personnes qui gèrent leur consommation et prennent des substances psychoactives dans un cadre récréatif», a expliqué mardi Roxane Mégevand, coordinatrice de «Nuit Blanche?». Quelqu’un pourrait par exemple acheter à l’avance des pilules ou de la poudre dans la perspective d’une soirée ou d’un événement.

Ce consommateur occasionnel de drogue souhaitera toutefois être sûr de ce qu’il avale et des conséquences que cette consommation pourrait avoir sur sa santé. Il s’adressera alors au «Drug Checking» de «Nuit Blanche?» et lui donnera un échantillon de la substance chimique à décortiquer.

Complètement anonyme

Ce service est gratuit et complètement anonymisé, a souligné Mme Mégevand. Le laboratoire du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) se chargera de déterminer la composition du produit et le degré de concentration de l’élément psychotrope. La réponse tombera au bout de quelques jours seulement.

De nombreux produits stupéfiants circulent aujourd’hui, et de nouvelles drogues de synthèse, dont on ignore souvent les dangers, sont sur le marché. Même les substances connues peuvent présenter des risques importants, en étant coupées avec des éléments toxiques, ou surdosées, comme certaines pilules d’ecstasy.

«Nuit Blanche?» met aussi à disposition des consommateurs récréatifs un laboratoire mobile d’analyse de drogues lors de grandes fêtes ou manifestations. L’équipement vient de Berne. A Genève, il a déjà été utilisé lors de la Lake Sensation de 2017 et sera mobilisé lors de la Geneva Pride du 6 juillet.

Dispositif d’alerte

Le travail d’analyse fait par «Nuit Blanche?» permettra aussi d’avoir un aperçu du marché des substances psychotropes et de voir ce qui se vend. Un dispositif d’alerte sera mis en place avec les urgences, les hôpitaux et la police en cas de découverte d’une substance dangereuse.

«Nuit Blanche?» espère procéder à environ dix analyses par semaine et 500 analyses par année. Ce service est déjà proposé en Suisse alémanique depuis plus de 20 ans. Berne et Zurich ont un dispositif stationnaire et mobile. En Suisse romande, l’idée fait son chemin à Lausanne et à Neuchâtel, notamment. (ats/nxp)

Soutenir Première ligne

Vous désirez soutenir le travail mené par Première ligne, nous vous invitons à devenir membre de notre association :

CHF 50.- pour une personne physique
CHF 100.- pour une personne morale

Ou d'apporter votre contribution financière sur le compte bancaire suivant :
Banque Cantonale de Genève
IBAN : CH46 0078 8000 K327 9090 7

Devenir membre Dons en ligne