La politique des 4 piliers

Le modèle des quatre piliers a été adopté par la Confédération en tant que concept de politique de la drogue au début des années 1990. Il jouit d’une grande considération auprès des professionnels des addictions qui le jugent très progressiste, novateur et efficace. Les effets les plus importants sont la diminution des décès dus à la consommation de drogue, la réduction de la criminalité, l’amélioration de la santé des toxicodépendants et la disparition des scènes ouvertes.

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.

  • Prévenir signifie, certes, éviter que les gens ne commencent à consommer de la drogue, mais pas seulement : il s’agit aussi d’éviter le développement d’une dépendance, autrement dit le passage d’une consommation de drogues impliquant peu de risques à une consommation problématique, voire à une dépendance. La prévention vise donc très généralement à éviter des détériorations de la santé. Les substances elles-mêmes et leur statut légal ou illégal passent ainsi à l’arrière-plan.

Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la consommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité.

  • Dans le secteur des traitements, il s’agit de permettre à des personnes qui souffrent du fait de leur toxicodépendance de trouver une aide effective. Il convient de leur offrir la possibilité de sortir de leur dépendance. Il existe cependant des personnes qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas (encore) en sortir. Il faut donc avant tout préserver la possibilité qu’elles y arriveront un jour, en maintenant leur état de santé et leur insertion sociale. Eviter leur marginalisation sociale est un objectif majeur pour diminuer les conséquences tant individuelles que collectives – et notamment les coûts que cela engendrerait.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

  • Les personnes toxicodépendantes vivent souvent en marge de la société. En vertu de la dignité humaine, elles ont le droit de recevoir de l’aide. Cette aide permet à ces gens de traverser une phase de consommation de drogues en subissant le moins possible de dommages physiques, psychiques et sociaux. La réduction des risques permet également de réduire les coûts sociaux de la drogue et diminuer la présence des problèmes de drogue dans l’espace public.

Le pilier « répression » contribue à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales.

  • La consommation de drogues peut constituer un risque pour la santé ; ces drogues ne devraient donc être que difficilement accessibles, cette difficulté devant correspondre à leur potentiel de dangerosité. Dans certaines circonstances, la répression peut cependant aussi constituer un risque pour la santé des usagers en contribuant à leur marginalisation. Il convient donc de trouver un juste équilibre entre la réduction des effets négatifs de la consommation de drogues pour la société d’une part et pour les consommateurs d’autre part.

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