Le projet-pilote de «drug checking» a reçu neuf fêtards, venus surtout pour tester leur ecstasy. La soirée a été calme, aucun incident majeur à déplorer.

C’est la nouveauté de cette édition de la Lake Parade: les fêtards ont pu faire tester leurs drogues gratuitement, sur le modèle de ce qui se fait déjà depuis des années à Zurich, Berne et Bâle. Neuf personnes sont venues durant la Lake sensation, en majorité pour de l’ecstasy, indique Martine Baudin, directrice de l’association Première Ligne dont l’action Nuit blanche? chapeaute le projet. Un laboratoire mobile – le seul de Suisse – a été installé sous la tente de Nuit blanche? Le principe: le consommateur amène n’importe quelle drogue, sous forme de poudre ou de pilule. Une machine délivre en 17 minutes les composantes. Vers 23 h, un fêtard vient justement faire tester de l’ecstasy. «C’est la deuxième fois que j’en achète et je n’ai pas envie de courir de risques. Si ce test encourage la consommation? C’est des conneries! Les gens prennent de toute manière de la drogue. Si on peut apporter un peu de sécurité à quelque chose d’existant, alors c’est que du positif.» Daniel Allemann, pharmacien et responsable du labo mobile, lui annonce le résultat: «La pureté est bonne mais votre produit est surdosé. Si votre copine – qui est plus légère que vous – en prend, ça pourrait avoir des effets négatifs.»

Durant la durée de l’analyse chimique, le fêtard répond à un questionnaire anonyme sur sa consommation, le prix d’achat du produit et sa source d’approvisionnement. Les collaborateurs de Première ligne en profitent aussi pour le responsabiliser sur sa consommation et diffuser un message de prévention. «Cette action permet de réduire les risques sanitaires, en détectant notamment les composants de coupe dangereux, explique Martine Baudin. Cela permet aussi d’entrer en contact avec un public qu’on ne touche pas forcément. Enfin, les données récoltées nous permettent d’alimenter un monitorat national sur les évolutions en matière de drogues, ainsi qu’un système d’alerte sur les produits dangereux en circulation.»

Première ligne ambitionne maintenant d’installer un lieu de test fixe. Un dispositif stationnaire ouvrira à l’automne en collaboration avec le Service d’addictologie des HUG et le Laboratoire du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale.

10.07.2017
Tribune de Genève – Par Aurélie Toninato

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