Pour des actions de réduction des risques liés à l’usage de drogues en milieu festif

L’association Première ligne réaffirme la nécessité d’actions de réduction des risques liés à l’usage de drogues en milieu festif.

Elle demande :
  • Le maintien et le développement d’actions de réduction des risques en milieu festif,
  • La mise à disposition de moyens financiers pérennes pour l’action Nuit blanche? à Genève,
  • La mise en place de services d’analyse de substances psychotropes sur site et en différé.

Les actions de Nuit blanche? touchent la population consommant en milieu festif et souhaitent toucher un plus large public grâce aux analyses de produits. Nuit blanche? est une action interinstitutionnelle genevoise, initiée en 2005, par diverses institutions œuvrant dans la santé, auprès de jeunes adultes ou encore auprès de personnes consommant des drogues¹. Nuit blanche? intervient dans des établissements festifs et sur l’espace public au travers d’outils de prévention et de réduction des risques (préservatifs, informations sur les produits psychotropes, tests sur le taux d’alcoolisation).

De nombreuse études, tant en Suisse qu’en Europe, se sont intéressées au milieu festif et aux consommations qui y étaient liées. Toutes ont mis en évidence une prévalence de consommation de différentes substances nettement supérieure à ce que l’on observe dans la population générale. A Genève, l’action a pour objectif de permettre aux personnes concernées d’accéder à une information objective et complète sur les risques pris en consommant des substances, de soutenir ces personnes dans la limitation des risques encourus, de favoriser l’accès aux structures de soutien, en cas de problèmes liés à la consommation, de sensibiliser le grand public à cette problématique et d’avoir une meilleure perception globale de l’ampleur de la problématique à Genève.

Développer le système d’alerte précoce

Malgré la fréquente variabilité de la composition des substances et la multiplication des nouveaux produits de synthèse disponibles sur le marché, peu de systèmes d’alertes précoces sont mis en place ² afin de surveiller et produire des données exhaustives sur l’évolution des substances en circulation, ce qui représente un défi important en termes de sécurité sanitaire et de santé publique.

Un système d’alerte est un outil de communication destiné aux consommateurs afin de les prévenir rapidement sur la présence de nouveaux produits de synthèse, souvent méconnus, potentiellement dangereux et non répertoriés dans la liste des stupéfiants. Précisons que ce système est indissociable des services d’analyse de produits psychotropes qui permettent, eux, de récolter les données pour alimenter les systèmes d’alerte précoce.

Ainsi, Nuit blanche? veut mettre en place des services d’analyse de produits psychotropes afin d‘actualiser le système d’alerte national, essentiellement alimenté par les analyses menées à Zurich. Les objectifs généraux d’un dispositif d’analyse de substances sont d’informer les consommateurs sur les produits potentiellement dangereux et réduire les risques liés à leur consommation, de faciliter la diffusion d’information et de messages de réduction des risques dans le cadre d’entretiens-conseils liés au dispositif et de mettre en place des interventions précoces auprès des consommateurs en début de parcours de consommation et qui ne sont pas en contact avec des institutions de soins spécialisées. Il existe deux moyens d’intervention pour analyser les produits psychotropes : l’un, directement pendant une soirée festive, à l’aide d’un laboratoire mobile qui peut analyser sur place une substance et l’autre, en différé, via le prélèvement d’échantillons envoyés à un laboratoire fixe.

Pour ces raisons, les actions en milieu festif et les services d’analyse de substances
psychotropes doivent se développer et recevoir la reconnaissance et les moyens financiers
nécessaires à leur réalisation.

¹ L’action Nuit Blanche? est constituée de : Groupe sida Genève, Service d’addictologie (HUG), Service de santé de l’enfance et de la jeunesse (DIP), Service à la jeunesse (Ville de Genève), Fondation genevoise pour l’animation socio culturelle (FASE), Carrefour addictionS et Première ligne pour la coordination.

² Une nouvelle substance est détectée chaque mois et le nombre de drogues légales, qui sont en-dehors du contrôle international, a atteint un taux «sans précédent» avec près de 350 nouvelles drogues de synthèse identifiées par les experts de la drogue de l’Organisation des Nations Unies depuis 2010.

Prise de position


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